L’ÉCOLE, c’était le premier thème de l’atelier Albums de cette année

Publié le par Les coordinateurs de Lire et faire lire 31

L’ÉCOLE,  c’était le premier thème de l’atelier Albums de cette année

« Qui a eu cette idée folle

Un jour d’inventer l’école ? »

Notre génération, à nous lecteurs, a été bercée par ce refrain de Sheila… et encore maintenant, la rentrée scolaire peut être un passage difficile, et même anxiogène pour les enfants. Pas question d’aller à l’école… Même pas en rêve. Et la maîtresse ? C’est sûrement plus facile pour elle, croirez-vous. Eh bien non ! Sa rentrée peut être tout aussi anxiogène, comme en témoigne Je n’irai pas.

L’école est un lieu régi par des règles, comme le montre a contrario l’album désopilant Tout ce qu’une maîtresse ne fera jamais. A l’enseignant d’avoir assez de bienveillance pour que tous les enfants puissent s’épanouir (La classe de Monsieur Brun écrit le 1).

L’école peut être aussi un lieu de conflits entre les enfants. Conflits admissibles, et même jouissifs (Le grand livre de la bagarre), mais beaucoup plus graves quand ils tournent au harcèlement (Rouge), ou quand un racisme sous-jacent alimente l’échec scolaire (Cours !)

Heureusement, il y a l’heure bénie de la sortie : les mamans vont arriver… mais laquelle arrivera la première ? C’est l’enjeu de L’heure des mamans.

Un passage difficile, et même anxiogène

Même pas en rêve. Béatrice Alemagna. École des loisirs.

Aujourd'hui commence mal : Pascaline la petite chauve-souris a 3 ans, et doit rentrer en classe, comme tout le monde "Même pas en rêve" rétorque-t-elle à ses parents. Elle résiste et crie si fort... que ses parents rétrécissent, et deviennent riquiquis comme des cacahuètes. Super, Pascaline va pouvoir les glisser sous ses ailes et les emmener avec elle ! On va bien rigoler. Sauf que voilà, les parents, cela peut être gênant. Par exemple quand ils commentent ce que dit la maîtresse ou qu'ils réclament de la salade à la cantine. Et puis quand on sort de l'école, on a moins de plaisir à les retrouver puisqu'on les a vus toute la journée ! Un album drôle et tendre, pour accompagner les enfants dans cette étape délicate. Béatrice Alemagna a choisi le rose fluo, toujours marié à des couleurs plus ternes, et cela fonctionne très bien. Les personnages sont hyper expressifs et le texte est agréable à lire à voix haute, car on joue avec les tons et les sons. A partir de 5 ans.

Je n’irai pas. Séverine Vidal/Cécile Vangout. Frimousse. (Bibl. de Portet)

Elle a préparé son cartable, sa trousse, elle a même choisi les vêtements qu'elle portera, elle se remémore les souvenirs de vacances, elle se réjouit de retrouver ses copines… en même temps la pression monte, le ventre se tord et il est évident que l'on a de moins en moins envie d'y retourner ! … Mais rien à faire, elle a peur de cette rentrée des classes : « Tout le boulot et Alex qui l’embête tout le temps ». « Mais enfin, ne fais pas l'enfant ! » lui dit sa maman.  La chute est amusante, inattendue et l'histoire est très bien menée pour garder le suspense jusqu'au bout… évidemment, on ne vous en dira rien ici ! A partir de 6 ans.

Un lieu régi par des règles

Tout ce qu’une maîtresse ne dira jamais. Noé Carlain/Ronan Badel. L’élan vert. (Bibl. LFL31)

La crème de la crème des bêtises à l'école ! Tout est sens dessus dessous. La maîtresse est tombée sur la tête et les élèves ne sont pas au bout de leurs surprises : « Garde ton chewing-gum et quand tu auras fini, n'oublie pas de le coller sous la table » « Les deux bavards dans le fond, parlez plus fort, je vous adore ! » « Si vous n'avez pas de feuille, vous pouvez peindre directement sur votre table ». « Demain venez avec vos animaux de compagnie. Plus on est de fous, plus on rit ». « Pas de maths aujourd'hui, c'est trop dur »… Chaque page met en scène la transgression d'une des règles de la classe : voilà une façon amusante de dédramatiser l'école ! Cet album fait son petit effet sur les enfants qui, au début, sont un peu éberlués.  L'auteur, Noé Carlain, par cet humour, peut faire réfléchir sur les règles et leur finalité, en particulier dans la classe et dans l'école. A partir de 5 ans

La classe de Monsieur Brun écrit le 1. Wu Yanan /Liu Longsha. Hong Fei.

Dans la classe de Monsieur Brun, l'année scolaire débute autour de l'apprentissage du chiffre 1. Petit crabe saisit son pinceau à deux pinces, marche de côté, traçant un 1 horizontal ; Petite fourmi écrit un tout petit 1 très difficile à repérer sur la page ; Poussin, lui, a du mal à tenir son stylo : son 1 est tout tordu. Certains 1 sont un peu biscornus, d'autres un peu petits, d'autres mettent un peu de temps à voir le jour, mais chaque 1 a son propre caractère. Monsieur Brun, un enseignant plein de bienveillance et d'attention, valorise ces particularités et cherche à mettre en avant ce qu'il y a de positif en chacun de ses élèves.  Ce livre tendre et drôle invite les enfants à se sentir bien tels qu'ils sont, sans essayer de rentrer dans un moule : "1 pour tous et chacun son 1". Chaque élève est unique et chacun a sa place dans la classe et dans la société. Ce magnifique album remporté le Grand Prix Feng Zikaï 2023 du Meilleur Album en langue chinoise ! A partir de 5 ans.

Un lieu de conflits

Le grand livre de la bagarre. Davide Cali/Serge Bloch. Sarbacane. (Bibl. LFL31)

C'est la récré ! Et comme tous les jours à la récré... c'est la bagarre ! BING ! PAF ! CLAC ! OUILLE ! Mais comment tout cela a-t-il commencé ? C’est la question idiote que posent les adultes (les parents, la maîtresse…). En remontant à l'ère de nos ancêtres qui se bagarraient pour un mammouth et en passant par les matches de rugby ou les vraies guerres, on s’aperçoit que les adultes en connaissent un brin, eux aussi… Aujourd’hui, la bonne vraie bagarre a lieu autour d'un stylo quatre couleurs. C’est du sérieux, ça ! Et il y a des règles : le combat doit être « à la loyale », donc équilibré (jamais du « tous contre un »). Et les filles ? Ce n’est pas pour elles, évidemment. Euh… est-ce vraiment sûr ? Cette vraie fausse encyclopédie hilarante passe en revue les règles, les limites et les mots magiques pour déclencher et arrêter une bagarre. Les illustrations de Serge Bloch nous montrent les glorieuses blessures des combattants (bleus, sparadraps, dents cassées…) mais à leur large sourire on comprend à quel point il s’agit d’une activité essentielle au développement de nos chers petits. A partir de 5 ans.

Rouge. Jan de Kinder. Didier jeunesse. (Bibl. Bonnefoy)

« Au début, ça se voyait à peine. C'était tellement discret que personne ne l'avait remarqué. Sauf moi. J'ai pointé du doigt les joues d'Arthur. Eh, t'es tout rouge ! » ... Les joues d’Arthur s’empourprent dès qu’on lui adresse la parole. Remarquant cela, une camarade de classe (la narratrice de l’histoire) le pointe du doigt en riant. Et c’est là que l’innocente moquerie vire au cauchemar ! Tout va alors très vite. Un clin d'œil à Paul, un coup de coude à Ronan, un gloussement de Léna, et c'est parti : tout le monde se met à chuchoter en regardant Arthur. Ce dernier devient la cible de Paul (la terreur des préaux) et de toute la classe… La narration faite par la petite fille qui assiste à l’escalade de la violence montre l’intimidation exercée par le groupe : elle est elle-même terrifiée et incapable d’intervenir. Une analyse très juste de la dynamique de groupe et du harcèlement à l’école. Les illustrations en bichromie noir et rouge soulignent la violence du phénomène et la gravité du propos. A partir de 7 ans.

Cours ! Davide Cali/Maurizio Quarello. Sarbacane. (Bibl. LFL31)

Depuis qu'il est petit, Ray se bat tout le temps. La colère le submerge. Il trouve que le monde est méchant. Est-ce parce qu'il est pauvre ? Noir ? Que son père est parti ? Au collège, ça ne s'arrange pas. Ray est sans arrêt puni. Jusqu'à l'arrivée d'un nouveau proviseur qui, au lieu de le punir, lui propose de se battre contre lui. En garde ! Puis de devenir boxeur. Une perspective s'ouvre... Mais pour commencer, rendez-vous au stade. Car Ray va devoir d'abord travailler son souffle. Allez, Ray, cours ! Le proviseur entraîne ainsi le garçon de fausse piste en fausse piste, le sortant de sa posture victimaire jusqu'à le réconcilier avec lui-même et lui permettre de trouver sa propre voie, en toute sérénité. Un destin qui ne sera pas celui auquel il s'attendait – et le lecteur non plus d'ailleurs, comme dans les meilleurs livres de Davide Cali ! Le retournement final serre la gorge... Ce court récit nous montre qu'une main tendue peut changer la vie de quelqu'un. Un roman illustré traité avec une délicate justesse des sentiments, qui parlera à tous les ados, et encore plus à ceux qui se sentent en échec scolaire. A partir de 9 ans.

La course des mamans. Emma Virke/Johanna Hellgren. Cambourakis. (Bibl. LFL31)

À l’école, l’heure de la sortie approche. Deux enfants attendent leurs mamans avec impatience. Quel défi cependant que d’arriver à l’heure après une journée bien remplie ! Faut-il préférer le vélo ou le bus, la moto ou les tennis magiques ? Tous les moyens sont bons, mais quelle maman arrivera la première ? Deux petits mettent leurs mamans en compétition et s'inventent des péripéties avant qu'elles n'arrivent. Ils les imaginent dans la rue, sur les routes, voire plus, nageant le crawl au milieu des requins… jusqu'à eux dans la petite classe. Ils sont tous deux le nez collé à la fenêtre, ne les voient pas venir mais les auteures nous offriront les images (souvent loufoques) de ce qu'affirment ces enfants à l’imagination débordante. L'histoire est enlevée et les situations cocasses s'enchaînent sur un rythme effréné pour le plus grand plaisir du petit lecteur. A partir de 5 ans.

Publié dans Albums, Formations

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