LA MAGIE : thème des Ateliers Albums des 7 et 22 Février

Publié le par Les coordinateurs de Lire et faire lire 31

La magie est très présente dans les albums pour enfants à travers les personnages de la sorcière, du magicien ou de la fée.

Elle apparaît aussi comme une possibilité pour l’enfant d’agir sur le réel, en devenant lui-même magicien, avec plus ou moins de succès !...

Elle est enfin une composante fondamentale du conte.  

ÊTRES MAGIQUES : MAGICIENS ET SORCIÈRES

La sorcière Rabounia. Christine Naumann-Villemin/Marianne Barcilon. Kaléidoscope.

Rabounia, qui vit entre les pages 56 et 63 du Grand Recueil des histoires pour le soir, est une nuit réveillée par des cris insupportables. Elle a beau savoir qu’il est formellement interdit de sortir de son histoire, trop c’est trop ! Alors, elle chausse ses baskets et se dirige vers une histoire tout autre que la sienne, et qu’elle aura bien du mal à comprendre. A la page 83, elle découvre en effet un petit lapin blanc qui a perdu son doudou, d’où les cris et les pleurs déchirants. Chez les sorcières, les doudous, ça n’existe pas ! Mais les efforts qu’elle va déployer pour le contenter risquent bien de la changer en profondeur... Une histoire pleine d’humour, dont les enfants raffolent. A partir de 5 ans.

Pélagie la sorcière. Valérie Thomas. Korky Paul. Milan. (Bibl. LFL31)

Comme toute sorcière qui se respecte, Pélagie n’aime que ce qui est sombre. Dans sa grande maison, tout, du sol au plafond, des meubles jusqu’à la baignoire, est noir. Et son chat Rodolphe ? Noir, bien sûr. C’est justement ce qui pose problème : quand Rodolphe dort dans la maison, Pélagie le confond avec les sièges ou les tapis, ce qui fait qu’elle trébuche ou s’assoit sur lui. Après une chute épouvantable, la sorcière décide d’agir et, d’un coup de baguette magique, elle fait de Rodolphe un chat vert. Mais le problème n’est pas résolu pour autant : le chat devient invisible dans l’herbe de son jardin. Elle va en faire voir de toutes les couleurs au pauvre animal. L’histoire est amusante jusqu’au bout. Comment Pélagie va-t-elle résoudre son problème ? Les dessins sont minutieux et les enfants apprécient de regarder tous les détails. A partir de 6 ans.

La fée sorcière. Brigitte Minne/Carl Cneut. Pastel. (Bibl. LFL31)

Marine en a assez d’être une fée. Elle en a assez de devoir toujours être gentille et propre, de prendre une voix de miel et de ne jamais tacher sa robe. Pour son anniversaire, elle reçoit une baguette magique, alors qu’elle aurait souhaité des patins à roulettes ! C’est ennuyeux d’être une bonne petite fée. Pas trop loin, dans le bois, il y a plus intéressant :  les sorcières. Marine se dit que ce doit être bien plus amusant de devenir une sorcière. Elle va donc faire son apprentissage... et cela lui plaît, surtout quand on lui offre un balai flambant neuf ! Sa mère parviendra-t-elle à comprendre cette « vocation » ? L’album est plein d’humour, et il pose aussi de vrais problèmes : l’éducation des filles et ses normes, l’affirmation de soi, la dualité « gentil/méchant » qui existe en chacun... A partir de 6/7 ans.

L’après-midi d’une fée. André Bouchard. Le Seuil. (Bibl. Serveyrolles, LFL31)

Deux copines, Margot et Hortense, vont passer l’après-midi au parc. Margot montre à son amie son nouveau costume de fée et la baguette magique qui va avec. Elle se concentre très fort et pointe sa baguette sur une chaise pour la métamorphoser en citrouille... Miracle, la magie opère ! Commence alors une série de transformations plus incroyables les unes que les autres. A chaque transformation, Hortense ricane. Vexée, Margot transforme son amie en crapaud... mais là, pas moyen de lui rendre sa forme première ! Bien ennuyée, elle ramène le crapaud à la maman d’Hortense, qui vit dans une drôle de maison... On vous laisse découvrir la suite, tout à fait dans la ligne de l’humour savoureux et un peu grinçant d’André Bouchard. De très belles illustrations où le noir et blanc laisse la place par endroits aux couleurs, concentrées sur les deux héroïnes de l’histoire. A partir de 9 ans.

Guillaume apprenti sorcier. Tomi Ungerer. Ecole des loisirs. (Bibl. LFL31)

Guillaume est un apprenti sorcier tout ce qu’il y a de plus paresseux. Les leçons de magie, il adore, mais les corvées l’ennuient profondément. Aussi, quand son maître part en voyage en lui laissant la tâche de descendre au fleuve puiser d’innombrables seaux d’eau pour remplir la cuve où se prélasse la pieuvre... il cherche une échappatoire. Dans un grimoire poussiéreux il trouve une formule magique pour obliger le balai à puiser et à transporter les seaux. Mais tout va se dérégler devant notre apprenti terrifié, incapable de maîtriser l’art de la magie. Tomi Ungerer adapte ici un poème de Goethe, qui a inspiré depuis d’autres créateurs célèbres, Paul Dukas et son Apprenti sorcier, et Walt Disney avec Fantasia. Ici, Ungerer propose des illustrations colorées et dynamiques, pleines de détails pittoresques qui ravissent les enfants. A partir de 8/9 ans.

DEVENIR MAGICIEN

Anton est magicien. Ole Könnecke. Ecole des loisirs. (Bibl. Lfl31).

Anton a un chapeau de magicien. Un vrai. Il va donc pouvoir faire de la magie. Faire disparaître quelque chose. Un arbre par exemple. Anton se concentre et ferme les yeux. Quand il les rouvre, l’arbre est toujours là. Aurait-il vu un peu grand ? Un oiseau, pour commencer, serait peut-être plus raisonnable. Anton se concentre à nouveau. Quand il rouvre les yeux, l’oiseau a disparu. Ça y est, Anton est magicien ! Il s’empresse de le dire à Lukas, qui a le culot de ne pas le croire. Tant pis pour lui, Anton va devoir le faire disparaître. Et il disparaîtra... mais pas comme Anton le croit ! Tout l’humour vient de la contradiction entre le discours d’Anton, qui y croit dur comme du fer, et la raison banale de ces disparitions, évidente dans les images, qu’Anton ne voit pas puisqu’il ferme les yeux ou est aveuglé par son chapeau qui lui tombe sur le nez. Un album délicieux, comme toute la série des Anton. A partir de 5 ans.

Un petit magicien. Edouard Manceau. Saltimbanque.

« Dévorez ce petit livre et abracadabra, transformez-vous en magicien ! » nous dit la 4e de couverture. Effectivement, le livre s’adresse directement à l’enfant. « Pour te transformer en petit magicien, commence par croquer une belle pomme, puis dévore tranquillement deux oursons, trois petits oiseaux... et continue ainsi à ingurgiter toutes sortes de choses avant de faire... un gros rototo. A ce moment-là, SURPRISE !!! Tout ce que tu as absorbé va resurgir pour composer un tableau riche et coloré ». Le livre est construit sur double page, le texte d’un côté, l’illustration de l’autre. Les couleurs sont chaudes et faites pour les tout-petits. A partir de 18 mois.

Disparais ! Michaël Escoffier/Matthieu Mauduit. Ecole des loisirs. (Médiathèque Cabanis)

Charlotte aime beaucoup ses parents, même si ce ne sont pas les vrais. Car Charlotte vient d’une autre planète. De temps en temps, elle s’en souvient. Là-bas, elle faisait tout ce qu’elle voulait, c’est-à-dire n’importe quoi. Quel bonheur ! Ses parents terrestres, eux, n’ont rien compris et passent leur temps à lui donner des ordres absurdes : range ta chambre, lave-toi les dents, fais tes devoirs... Aussi Charlotte a-t-elle décidé de les faire disparaître. Pour cela, il lui faut une boîte de magie et une baguette... A sa mère, il lui suffit alors de dire « Disparais ! » et « Pouf », c’est fait. De même pour son père. Elle est enfin libre de faire ce qui lui passe par la tête. Mais tout est-il si rose dans un monde sans contraintes ? Un livre espiègle, très drôle dans ses formulations, mais qui comporte évidemment une leçon. A partir de 3/4 ans.

OBJETS OU LIEUX MAGIQUES

Le pinceau magique. Conte chinois de Hong Xuntao, adapté par Françoise Jay/Jie Zhong. Magnard. (Bibl. LFL31)

Chen est un petit garçon de la Chine d’autrefois. Pour aider ses parents qui vivent dans la pauvreté, il garde les buffles d’un riche propriétaire. Son rêve est de devenir peintre, mais il n’a pas assez d’argent pour s’acheter de la peinture, ni un pinceau. Le maître de peinture refuse de lui enseigner son art : « Un garçon si petit et si pauvre ne peut pas prétendre devenir peintre ! » Mais Chen ne se décourage pas et s’exerce à dessiner dans la terre mouillée avec un bâton. Un jour, son obstination est récompensée : un vieil homme lui apparaît et pour lui faire don d’un pinceau. C’est un pinceau magique : désormais tout ce que Chen dessine prend vie. Le garçon en fait profiter les habitants du village, pauvres comme lui. Mais la nouvelle se répand, éveillant la cupidité de Boya, le chef du village. Fort heureusement, le pinceau n’obéit qu’aux êtres généreux et sincères... Un beau conte illustré dans la tradition de la peinture chinoise. A partir de 6/7 ans.

Le gardien de l’arbre. Myriam Ousseyad/Anya Klauss. L’élan vert. Pont des arts. (Bibl. LFL31).

Djalil est un jeune garçon qui aime se rendre chez Minoa pour écouter des histoires. Se sentant vieillir, la vieille femme, que les villageois soupçonnent d’être une sorcière, lui confie une boîte dans laquelle se trouve une graine fort précieuse, puisqu’il s’agit d’un arbre qui n’existe pas. Le jeune homme prend sa mission au sérieux et dresse un faucon pour l’aider à veiller sur la croissance de l’arbre. Puis un jour, il peut enfin déguster son fruit délicieux. Les pouvoirs qui lui sont alors conférés lui permettront de sauver le royaume et d’épouser la fille du roi. Un très beau conte encore embelli par des illustrations somptueuses. La collection « Pont des arts » de l’Elan vert se propose de faire découvrir les œuvres d’art des plus grands peintres au moyen d’histoires illustrées « à la manière de » l’artiste. A la fin de l’album, on découvre l’œuvre qui a inspiré le récit : les cartons d’étude de Gustav Klimt pour une mosaïque murale. A partir de 8 ans.

Le crayon magique de Malala. Malala Yousafzai/Kerezcoët. Gautier-Languereau.

Au cœur du Pakistan, une adolescente prénommée Malala rêve d’avoir un crayon magique qu’elle utiliserait... pour fermer la porte de sa chambre à clef et éviter que ses frères ne viennent l’embêter, pour arrêter le temps et dormir une heure de plus chaque matin, pour effacer l’odeur des poubelles devant chez elle... Mais plus elle grandit, plus ses rêves évoluent. Car c’est avec un vrai stylo qu’on peut changer le monde : en apprenant à tous à lire et à écrire. « J’ai compris ce jour que si j’avais un crayon magique, je m’en servirais pour dessiner un nouveau monde, un monde de paix, sans guerre, pauvreté ou famine. Un monde où les garçons et les filles seraient égaux ». Plutôt que de rêver seule dans sa chambre, Malala raconte son histoire et devient porte-parole et militante du droit des femmes. L’album permet de faire connaître l’héroïne et son combat à des enfants assez jeunes, à partir de 8 ans, alors que l’autre Malala, publié par Rue du monde, s’adresse plutôt aux 11/12 ans.

Et nous nous retrouverons

Le jeudi 4 Avril à 14h30 OU le Jeudi 11 Avril à 10h

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Thème : LE LIVRE

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